熊野筆 — 毛の違い
Un pinceau en poil naturel et un pinceau synthétique ne forment pas une échelle de qualité. Ils sont construits pour des produits différents, et employer celui qui ne convient pas donne l’impression d’un mauvais pinceau.
La différence tient à ce que la fibre peut retenir. Un poil naturel a une surface écailleuse qui accroche et relâche la poudre libre ; un filament synthétique est lisse, il déplace donc proprement un produit humide mais reprend la poudre moins efficacement. Hakuhodo, l’un des fabricants de Kumano, le dit sans détour de ses propres pinceaux : la fibre synthétique est conçue avant tout pour la crème et le liquide, et elle ne reprend pas la poudre aussi efficacement que le poil naturel.
La déception habituelle — un pinceau cher qui semble ne rien faire — tient donc souvent à un désaccord entre la fibre et la formule plutôt qu’à un mauvais pinceau. Un pinceau synthétique chargé de poudre fixante en dépose peu ; un pinceau en poil naturel traîné dans un fond de teint crème s’agglutine et se nettoie plus difficilement. Ni l’un ni l’autre n’est un défaut.
La chèvre est le poil naturel habituel et le polyvalent : doux, élastique, durable, et employé pour toutes les fonctions de pinceau. Les poils d’écureuil sont plus doux et plus fins, coûtent davantage et visent une application très légère plutôt que la couvrance. Les mélanges existent précisément pour se tenir entre les deux, et l’on mêle souvent du synthétique au poil naturel pour que le pinceau garde sa forme.
Faites sécher le pinceau debout dans un verre, et non posé tête en bas. La page d’entretien de Hakuhodo en donne la raison : la vapeur d’eau s’évapore vers le haut, un pinceau séché tête en bas laisse donc l’humidité gagner la virole, où elle abîme la colle qui tient le bouquet. Les deux autres : ne jamais le faire sécher au soleil ni au sèche-cheveux, et éviter les nettoyants contenant un solvant alcoolique, qui abîme aussi bien le poil naturel que le synthétique et le fait tomber.
Kumano, dans la préfecture de Hiroshima, est la ville d’où viennent ces pinceaux — la fabrication de pinceaux y est assez ancienne pour que la ville prenne le pinceau pour emblème, et Hakuhodo, Chikuhodo et Koyudo y travaillent tous. Deux choses valent d’être sues avant de lire une annonce. « Kumano-fude » est un lieu, non une qualité : cela dit où un pinceau a été fait, non avec quel soin. Et l’indication qui décide si le pinceau vous plaira — la fibre — n’est souvent donnée que comme « poil naturel » ou omise complètement, tandis que l’annonce vend de la douceur et un prix. Si elle ne dit pas quel poil, ce silence est la réponse.
Les sources sont en anglais ; leurs titres sont donc laissés dans l’original.
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