沈香と伽羅
Le bois d’agar est la même matière dans deux traditions : l’oud dans le Golfe, le jinkō et le kyara dans l’encens japonais. C’est aussi celle dont le parfum a une cause physique, et c’est ce qui rend les contrefaçons détectables en principe.
Wikipédia décrit le mécanisme : le bois d’agar se forme dans le duramen des arbres du genre Aquilaria après leur infection par un champignon Phaeoacremonium, et l’arbre sécrète de la résine pour se défendre contre l’infestation. À mesure que l’infection progresse, le duramen devient très dense, sombre et saturé de résine. C’est là que loge le parfum, et c’est pourquoi la densité et la couleur ne sont pas des qualités cosmétiques dans cette matière : elles sont la preuve que le processus a bien eu lieu.
Le versant économique découle du même fait. Les sources sauvages sont épuisées et, depuis 1995, la Convention sur le commerce international des espèces menacées inscrit Aquilaria malaccensis — la source principale — à l’Annexe II. Le négoce japonais de l’encens fixe le prix de la qualité supérieure en conséquence : le kyara, la qualité à forte teneur en huile et au parfum supérieur, vaut aujourd’hui plus que son poids en or. Dans certaines régions d’Asie du Sud-Est, on infecte désormais délibérément des arbres cultivés pour en produire de façon durable.
Les deux traditions l’emploient aussi de manière différente, ce qui compte si vous achetez pour l’une et lisez des conseils écrits pour l’autre. Le kōdō japonais chauffe le bois odorant sans le laisser brûler — le kōboku, que l’on fait fumer plutôt qu’on ne l’allume — et c’est une catégorie distincte des bâtonnets et des cônes à combustion directe qui dominent ailleurs. Le bois acheté pour être chauffé et l’encens fait pour être brûlé ne se remplacent pas l’un l’autre.
Deux choses méritent d’être cherchées dans une annonce et manquent souvent. L’espèce et l’origine — Aquilaria malaccensis figure à l’Annexe II de la CITES, de sorte que son commerce international légitime s’accompagne de documents, et un vendeur incapable de dire quelle espèce il vend vous dit quelque chose. Et si le bois est sauvage ou cultivé : le bois d’agar de plantation, issu d’arbres infectés à dessein, est un produit véritable et non une imitation de moindre valeur, et un vendeur qui distingue les deux est franc avec vous.
Pas de lien d’achat sur cette page, et ici il serait irresponsable : il s’agit d’une matière inscrite à la CITES dont les règles d’importation diffèrent d’un pays à l’autre, et un lien ne peut pas savoir où se trouve le lecteur. Vérifiez ce qu’exige votre propre administration douanière avant d’acheter par-delà une frontière.
Les sources sont en anglais ; leurs titres sont donc laissés dans l’original.
In English